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L’extraordinaire langage de Robert Pinsky

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Ces dernières années, les Américains ont pu voir régulièrement leur poète lauréat au journal du soir diffusé sur PBS (réseau de radiodiffusion publique des Etats-Unis). Après la lecture des grands titres et leur développement, Robert Pinsky concluait souvent le bulletin d’informations par la lecture d’un poème choisi en fonction de sa pertinence à l’actualité — un poème sur les écoliers lors de la rentrée, sur l’Irlande pour la St Patrick, ou bien, pour fêter l’ouverture des Jeux Olympiques, une ode de Pindare. Parfois il suffisait de peu pour qu’il choisisse un de ses poèmes favoris : par exemple, lors du krach boursier de 1998, ce fut « Provide, Provide » [Fournis, fournis] de Robert Frost. Des dizaines de poèmes qui seraient sans cela probablement restés inconnus ont ainsi pénétré le foyer de l’Américain moyen. Dans le même esprit, il a invité des Américains de tous les jours à enregistrer leurs poèmes favoris pour créer une archive de ces lectures à la Bibliothèque du Congrès. Maintenant, bien que Pinsky n’apparaisse plus à l’écran au journal du soir, une rubrique à part entière dans le journal, « The Favorite Poem Project » [Opération Poème Préféré], met en vedette ces Américains de tous les jours récitant leur poème préféré. Entre autres personnalités qui ont aussi participé à l’émission, on compte l’ancien président Bill Clinton, la sénatrice Hillary Rodham Clinton, ainsi que le poète qui succéda à Pinsky à la fonction de Lauréat : Stanley Kunitz.1 Mais qui est donc ce porte-parole ouvertement populiste de la poésie, et comment est-il arrivé à mener à bien cette mission ? Au cours de cette étude, nous pourrions bien voir certaines différences stylistiques émerger à côté d’une affinité fondamentale entre Pinsky et Jarell. Les deux poètes partagent le souci de contrer la difficulté du haut modernisme que la philosophie pragmatique appelle la langue ordinaire, le parler commun du discours journalier. En même temps, tous les deux considèrent que leur poésie va bien au delà de l'idée philosophique du jeu de la langue, et tous les deux révèlent une foi solide en la langue extraordinaire du métier poétique. L’un des deux choisit d’employer le « plain American » dans le monologue dramatique, alors que l'autre invoque la muse de la « discursivité » prosaïque. Le style, dans cette mesure, est compris comme étant une réponse comparative apportée au questionnement poétique qui s’exerce face à la demande mouvante de la culture nationale. Une façon plus « historique » de répondre à ces questions consistera à suivre la suggestion d’un des premiers critiques, et à comparer Pinsky au dernier personnage qui a incarné la présence publique de la poésie de la même manière, avant de retourner à l’actualité culturelle, avec certains de ses travaux les plus récents.

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